Pour pouvoir combattre efficacement le harcèlement, il est important de savoir de quoi l’on parle, comment le harcèlement fonctionne, ce qui l’alimente pour pouvoir espérer en sortir ! 

Je vous propose ici un article pour vous donner quelques clés de compréhension et d’action par rapport à ce phénomène qui fait souffrir encore trop d’enfants …

 

Quelle définition du harcèlement ?

  Le harcèlement est une escalade de la violence entre un groupe, ou une personne, en position de domination et un autre en position de faiblesse, de manière répétitive ou permanente et ce, pendant plusieurs jours. Il s’agit donc d’abord d’une relation asymétrique.

Une réalité à l’école, au sein des familles et des fratries qui se poursuit ensuite à l’âge adulte, en entreprise :

 

Les chiffres officiels du harcèlement sont de l’ordre de 10% au collège mais ils se rapprocheraient plus des 20% si l’on considère tous les collégiens qui préfèrent garder le silence.

La souffrance peut continuer même lorsque le harcèlement s’est arrêté … 10, 20 ou 30 ans plus tard, les cicatrices sont toujours sensibles.

Les séquelles que laisse le harcèlement scolaire sont nombreuses : dépressions, troubles du comportement alimentaire, anxiété sociale.  Il multiplie par deux le risque de dépression chronique à l’âge adulte.

 

Des signes difficiles à repérer :

 

Repérer les signes du harcèlement scolaire est complexe. Ce type de problème survenant souvent au début de l’adolescence, les parents les confondent parfois avec les changements liés à l’âge. Certains comportements doivent néanmoins les alerter :

  • Si un enfant calme devient soudain agressif envers sa fratrie ou ses parents,
  • si ses résultats scolaires chutent brutalement,
  • s’il a des troubles du sommeil ou des troubles de l’alimentation
  • s’il a des maux de ventre, de tête, refuse d’aller à l’école
  • s’il se recroqueville sur lui-même et ne veut plus sortir

Tout changement radical de comportement peut être lié au harcèlement.

 

Un profil type des harceleurs et des harcelés ?

 

Il n’y a pas de profil spécifique de l’enfant harcelé mais une vulnérabilité à un moment donné qui le désigne comme étant la bonne personne à agresser pour un agresseur qui bien souvent assoit sa popularité sur sa capacité à faire peur ! Parce qu’une bonne façon d’être populaire au collège, c’est d’être clashant. On entend souvent dire que l’enfant harceleur est en souffrance, ce qui peut être vrai mais le harcèlement représente une solution efficace pour lui et il n’a donc pas de raison d’arrêter !

 

pOURQUOI lE HARCELEMENT dure?

 

Le harcèlement se met en place et se poursuit pour une seule raison : parce qu’il fonctionne. C’est comme l’image d’une machine à bonbons : tant que la machine distribue des bonbons, on continue à mettre des pièces !

 

Des tentatives de solution bien souvent inefficaces qui aggravent le problème

 

Les réactions habituelles face à ses situations sont bien souvent logiques du point de vue de la personne harcelée, ou de celui de l’entourage qui cherche à aider mais hélas, trop souvent, malgré les meilleures intentions, elles aggravent le problème.

 

  • De la part des adultes :

Les adultes peuvent être interventionnistes (parent / DRH / Proviseur). Ils vont donc moraliser et/ou sanctionner l’agresseur et envoyer, bien malgré eux et involontairement, le message au harcelé qu’il n’est pas capable de se défendre et au harceleur qu’il a choisi la bonne victime.

Le harceleur peut décider de rendre ses attaques plus discrètes et plus violentes et le risque est alors que l’enfant harcelé n’en parle plus !

Ou alors les adultes peuvent minimiser la situation ou proposer de ne pas répondre. Le risque étant que l’enfant se sente incompris dans ce qu’il vit et qu’il se renferme de plus en plus. Par ailleurs, cette posture n’aide pas l’enfant victime à sortir du cercle vicieux du harcèlement.

 

  • De la part des victimes

 Soit, pour des raisons évidentes comme la peur, le fait de ne pas savoir se défendre et répondre, elles résistent mollement en espérant que l’agresseur se décide d’arrêter.

Soit elles s’énervent et explosent.

Les 2 réactions envoient un même message à l’agresseur : il a choisi la bonne personne à attaquer !

 

Outiller la victime plus que culpabiliser les témoins ou les harceleurs 

 

L’intervention des adultes (enseignant, CPE, parents) est essentielle pour que l’enfant victime se sente soutenu et aidé. Mais elle doit être bien réfléchie et pensée pour ne pas aggraver le problème.

La meilleure façon d’agir est tout dabord de reconnaître la souffrance et la difficulté de l’enfant ainsi que les émotions qui peuvent le submerger.

Plutôt que de proposer à l’enfant d’intervenir à sa place, l’idée est de lui apprendre à se défendre en cherchant avec lui une stratégie pour contrer le harceleur …  » Et si tu tentais telle approche, et si tu répondais cela, que se passerait-il? « 

Vous pouvez également proposer à votre enfant de visionner le tedx d’Emmanuelle Piquet sur le sujet ou lui faire lire le livre « je me défends du harcèlement » qui est très bien fait et très concret pour qu’ils puissent les inspirer. 

Ensuite, si la situation est trop complexe, si vous ne savez pas comment l’aider ou l’outiller alors il peut être utile d’aller chercher de l’aide extérieure.

 

Spécialisée dans les souffrances enfantines et adolescentes
☎️ 06 62 33 18 96

 

 

 

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